Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/02/2022

_Dangerous Visions and New Worlds_

Dangerous Visions and New Worlds : Radical Science Fiction, 1950-1985 : Andrew NETTE & Ian McINTYRE (editors) : 2021 : PM Press : ISBN-13 978-1-62963-883-6 (la fiche ISFDB du titre) : 216 pages (y compris index) : coûte 29.95 USD pour grand tp carré illustré en couleurs, disponible chez l'éditeur (), existe aussi en hc et ebook.

anglais,2 étoiles

Cet ouvrage est publié par PM Press, une maison d'édition qui se définit comme "radicale" (pour les USA s'entend) et qui est connu dans le milieu de la SF pour sa série de petits recueils de la série "Outspoken Authors". Ce titre semble faire partie d'un ensemble consacré à la littérature populaire par les mêmes auteurs. Comme il se doit pour cet éditeur, le sujet de cet ouvrage est la SF radicale des années 50 à 85 et plus particulièrement un thème qui revient à la mode avec le revival des seventies, la New Wave (et son pendant US). Période parfois fantasmée qui aurait, sous l'impulsion de quelques visionnaires (Moorcock, Ballard, Merril, Ellison) complètement bouleversé le genre en lui apportant tout ce qui lui manquait depuis tant d'années, de la conscience sociale à la perfection littéraire en passant par la prise en compte des minorités, une focalisation sur l'espace intérieur et la découverte du sexe et des gros mots.

anglais,2 étoiles

En matière d'organisation, le livre est un recueil de deux types d'essais. Les plus nombreux sont des essais de fond thématiques d'une petite dizaine de pages. Sous des plumes parfois connues (Latham, Sussex) ou pas, ils abordent des sujets très divers, allant d'un auteur traité d'un façon globale (PKD, les Strugatski, Butler, Merril, Mick Farren), à des œuvres spécifiques (Damnation Alley de Zelazny, The Black Commandos de Joseph Denis Jacskon, Afro-6 de Hank Lopez, Andra de Louise Lawrence ou Heavenly Breakfast de Delany) en passant par des essais sur des domaines précis (Essex House, un éditeur de SF pornographique dont on retrouvera une partie des titre chez Champ Libre, la SF gay des années 70 ou la série Qhe ! de William Bloom). Entre ces essais on trouve des choses plus légères de deux à trois pages essentiellement orientées "thématique" (New Worlds, les drogues, les éco-catastrophes, les animaux, les novélisations de Doctor Who...) et surtout largement illustrées de couvertures de livres de l'époque au look si particulier (comme les Penguin), à noter que ces sections sont écrites par Nette et McIntyre. L'ouvrage ne propose pas de bibliographie mais un index en plus de l’habituelle liste des contributeurs.

anglais,2 étoiles

Si l'on excepte les derniers essais à la tonalité que j'ai trouvé un peu trop stridente à mon goût (trois fois "white male", une fois "white men" et une fois "caucasian male" en deux paragraphes, j'ai bien compris le message), l'ensemble forme un livre agréable à lire à la maquette aérée et aux illustrations particulièrement séduisantes et nombreuses (pour tout dire cela m'a rappelé ma propre bibliothèque), correctement identifiées (on regrettera juste l'absence totale de la mention de l'illustrateur). On appréciera particulièrement certains essais qui abordent des sujets que je n'ai jamais vu étudiés, qu'ils fassent partie du cœur du genre (Mick Farren ou Essex House) ou qu'ils soient un peu périphériques (Bloom ou Lopez). Ce côté un peu butinage de sujets est une des forces d'un livre qui ne se prend pas trop au sérieux tout en fournissant un travail de qualité.

anglais,2 étoiles

Paradoxalement, c'est ce côté un peu light qui ne m'a pas totalement convaincu. Je m'explique : du fait de mes lectures sur le genre, je peux mettre en parallèle avec presque chacun des essais "détaillés", un (ou souvent plusieurs) ouvrage(s) de référence qui abordent le même thème mais d'une façon bien plus approfondie et surtout bien plus contextualisée. Par exemple, le texte sur le féminisme de Wyndham par Curcio fait immédiatement penser à Hidden Wyndham, celui sur la SF de Merril de Clay à Better to Have Loved et à Judith Merril : A Critical Study, celui sur la SF d'Ira Levin par Nette à ce titre de la série Starmont, celui sur Damnation Alley par Roberts fait écho aux passages correspondants des multiples livres sur Zelazny dont celui écrit par Cox est le plus récent, et ainsi de suite pour Dick, Ballard, Butler, Woman on the Edge of Time, Tiptree/Sheldon... Du coup c'est, en ce qui me concerne, un livre agréable à lire mais qui, hormis sur quelques points précis, n'affutera pas ma perception de l'histoire du genre comme ont pu le faire Greenland (avec son ouvrage incontournable sur la sur la New Wave) ou Ashley ou Broderick (sur New Worlds)

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles (en ce qui me concerne)

25/01/2022

_Alien abduction_

Alien abduction : L'enlèvement extraterrestre de la fiction à la croyance : Michel MEURGER : 1995 : Encrage (série "Interface" et/ou revue "ScientifictionS #1-1") : ISBN-10 2-906389-62-5 (la fiche ISFDB du titre) : 253 pages (y compris index) : coûtait 250 Francs pour un petit hc illustré en n&b, parfois trouvable d'occase.

français,2 étoiles

Cet ouvrage est donc un objet un peu hybride, à la fois ouvrage de référence et numéro d'une revue (qui n'aura visiblement que deux numéros). Dans la pratique, il s'agit d'une étude complète sur les interactions entre la SF et les croyances "soucoupistes" (en fait tout ce qui est relatif aux visites extraterrestres sur Terre). Meurger déroule donc l'histoire de ce type de récits d'enlèvements d'hommes par des créatures autres, que cela soit d'abord par des fées (ou des lutins ou de trolls ou des dieux) ou par la suite perpétrés par des petits hommes verts (ou gris) avec examens médicaux et tout le folklore des "abductees". Pour chacune de ces vagues de superstitions, il montre comment elle sont généralement l'écho d'une imagerie préexistante qui trouve sa source dans la SF légèrement antérieure (les "airships" après Jules Verne, les Martiens après Wells, les vaisseaux en forme de soucoupes après les pulps des années 30 et les civilisations souterraines nous influençant d'une façon maléfique après Palmer). Le tout en une dizaine de chapitres bourrées de notes de bas de page, illustrés et ordonnancés dans l'ordre chronologique. On notera l'absence d'une bibliographie regroupée (les références doivent se prendre à la volée en bas de page) et la présence d'un index qui n'est hélas que thématique.

français,2 étoiles

À la lecture, on ne peut qu'être fasciné par l'érudition de l'auteur, que cela soit dans le domaine de des para-sciences que dans celui de la SF (en VO ou en VF). L'ensemble est très dense (c'est écrit assez petit !) et nécessite une certaine attention à la lecture. De plus, la thèse de Meurger, à savoir que les récits d'enlèvements ont de nombreux points communs avec les récits SF caractéristiques de chaque époque, est parfaitement étayée et démontrée par de nombreux rapprochements.

français,2 étoiles

Là où je suis moins enthousiaste, c'est sur une certaine dérive "Moskowitzienne" de l'auteur. Comme Moskowitz, Meurger partage un peu le célèbre travers de l'érudit américain qui est de détecter des influences entre textes de SF (pour Moskowitz) ou entre fictions et récits pour Meurger en se basant uniquement sur des ressemblances dans les descriptions (on trouve dans X presque le même ET/vaisseau/mode opératoire que dans Y, donc Y, qui est postérieur, a dû lire X) sans aller beaucoup plus loin (par exemple en se basant sur des recoupements ou des informations sur les auteurs, informations qui sont effectivement presque inexistantes). En gros (et AMHA), ce n'est pas parce que Kenneth a parlé de soucoupes volantes qu'il a "péché" cette idée dans tel ou tel numéro de magazine de SF (par exemple celui qui illustre la couverture de l'ouvrage). On apprend seulement que une petite partie des "contactees" ou des "abductees" sont des amateurs de SF, ce qui est assez mince pour en tirer une relation de cause à effet. Du coup, j'ai bien plus apprécié le côté historique extrêmement détaillé de l'ouvrage plutôt que sa partie plus analytique.

français,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles (pour le travail de fourmi et le côté un peu "barré" du sujet)

17/12/2021

_Hidden Wyndham_

Hidden Wyndham : Life, Love, Letters : Amy BINNS : 2019 : Grace Judson Press : ISBN-13 978-0-9927567-1-0 (la fiche ISDB du titre) : 288 pages y compris index et bibliographie) : coûte 10.95 GBP pour un petit tp agrémenté d'un cahier photographique central en n&b, disponible sur un célèbre site de vente en ligne.

anglais,wyndham,2 étoiles

Le statut de John Wyndham est assez nettement différent entre la France et la Grande-Bretagne. Si chez nous, il est pratiquement oublié (cf. la base à Bruno qui ne liste qu'une édition sur la dernière décennie + 1 BCE) et a laissé l'image d'un de ces nombreux auteurs britanniques spécialisés en "Cosy Catastrophes", dans son pays d'origine il est considéré comme un auteur "classique" et publié hors du genre. Un position qui est assez proche de celle René Barjavel chez nous. Paradoxalement, il n'existe que peu d'études sur cet auteur (du moins au niveau du genre), si ce n'est une bibliographie (chez GCP) et un titre de la série de monographie de Starmont par Clareson.

anglais,wyndham,2 étoiles

Écrit par une docteur en journalisme à l'UCLan (pas l'UCLA), cet ouvrage est donc la première biographie de cet auteur qui a toujours mené une vie très discrète (on comprendra pourquoi à la lecture), au point d'être surnommé "l’homme invisible de la SF britannique". Cette biographie présente l'originalité d'être bâtie sur un fil rouge qui a frappé Binn, à savoir que tous les personnages féminins décrits par l'auteur (qui se ressemblent fortement) étaient l'image d'une seule personne réelle, Grace Wilson, l'amour de sa vie. C'est donc autour de cette trame qui Binn déroule un texte biographique d'architecture classique divisé en trois parties (avant, pendant et après la 2 GM qui verra Wyndham débarquer en France le 11 juin 1944). On notera la présence d'une bibliographie (pratique avec  un auteur qui est un des rares à avoir collaboré avec lui-même), d'un index et d'un cahier photographique de 16 pages.

anglais,wyndham,2 étoiles

Le ton général de cette biographie est à la fois chaleureux et bienveillant. On n'y découvrira pas d'aspects négatifs à la personnalité de l'auteur (ce traitement est plutôt réservé par Binns aux parents de Wyndham). Même si l'aspect "carrière SF" de la vie de l'auteur ou l'analyse littéraire de ses œuvres est généralement secondaire dans le texte, cet ouvrage est un moment de lecture très agréable et qui apporte une quantité d'information importante sur l'homme qu'était John Wyndham. C'est aussi un vibrant hommage à un couple qui a traversé les années.

anglais,wyndham,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

29/11/2021

_Remainders of the American Century_

Remainders of the American Century : Post-apocalyptic Novels in the Age of US Decline : Brent Ryan BELLAMY : 2021 : Wesleyan University Press : ISBN-13 978-0-8195-8032-0 (la fiche ISFDB du titre) : xiv+270 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 24.95 USD pour un tp non illustré, disponible chez l'éditeur, existe aussi en hc (8031-3) et ebook (8033-7).

anglais,2 étoiles

Sous la plume d'un professeur canadien, "théoricien" de pas mal de choses (science fiction, énergie, écriture, écologie, voir son site), cet ouvrage est donc consacré à la littérature post-apocalyptique depuis la 2GM et ne mentionne que brièvement les diverses adaptations cinématographiques de textes "canoniques" comme The Road, I Am Legend ou La planète des singes. Comme l'indique son sous-titre, ce sous-genre (Bellamy avance même l'idée qu'il s'agit d'un mode plus que d'un genre) est évoqué sous l'angle du déclin (réel ou supposé) des États-Unis et se caractérise par sa nature soustractive qui va laisser un certain nombre de restes (les "remainders" du titre). Paradoxalement, pour un genre qui traite de fins du monde, ces apocalypses sont souvent l'occasion d'un nouveau départ sur la base de ces fameux restes (on pensera à The Postman et -surtout- à A Canticle for Leobowitz).

anglais,2 étoiles

Après une longue introduction (30 pages), le livre est divisé en deux parties : la première essaie de définir ce fameux "mode" post-apocalyptique en déterminant ses éléments spécifiques au sein du genre SF (la soustraction, les restes et en particulier les livres); la seconde étudie en détail quelques points particuliers (l'idée même des USA, la race, la reproduction et l'automobile/l'énergie fossile) tels qu'ils y sont abordés. Outre une conclusion, l'ouvrage comporte une copieuse bibliographie et un index.

anglais,2 étoiles

Il existe déjà un nombre significatif de livres sur le post-apocalyptique, un genre qui avait un peu disparu après la fin de la guerre froide mais qui revient sous forme de hordes de zombies ou via le dérèglement climatique (en attendant les textes sur le COVID). On en trouve sous diverses formes, diverses plumes et divers focus. Par exemple, on pensera à Chelebourg, Brians ou Yoke (et ce n'est qu'une petite partie des ouvrages évoqués ici-même). L'analyse de Bellamy, même si son corpus est d'un classicisme certain, offre, malgré sa logique américano-centrisme affichée (après tout c'est le thème du livre), une approche originale.

anglais,2 étoiles

En effet, la première partie offre un cadre théorique original, qui s'il n'est pas vraiment révolutionnaire dans son concept (le post-apo comme mode du "moins"), a le mérite de permettre une certaine efficacité dans l'analyse. J'ai par contre un peu regretté que l'autre axe d'analyse choisi par Bellamy, celui d'une lecture typiquement États-unienne des textes, se soit révélé relativement peu développé alors qu'il semblait prometteur. À la place, on a un chapitre sur les races (centré sur Farham's Freehold) et un autre sur les figures féminines (centré sur The Road) qui sont sans doute plus dans l'air du temps. Le tout forme un ensemble très lisible qui rappellera pas mal de souvenirs de lecture aux plus anciens.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

29/10/2021

_Pscience Fiction_

Pscience Fiction : The Paranormal in Science Fiction Literature : Damien BRODERICK : 201 : McFarland : ISBN-13 978-1-4766-7228-1 (la fiche ISFDB du titre) : ix+235 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 45.00 USD pour un tp non illustré, disponible chez l'éditeur, existe aussi en ebook (-3197-4).

anglais,2 étoiles

Damien Broderick, un Australien qui vit au Texas, est à la fois auteur de textes de science-fiction (une vingtaine de romans de sa plume mais aussi des expansions "autorisées" de textes de Brunner) et un des théoriciens du genre (au moins une vingtaine d'ouvrages dont plusieurs ont été évoqués ici). Visiblement, il est aussi très intéressé par les phénomènes Psi et semble vraiment y croire (voir son Evidence for Psi chez le même éditeur). Il a donc réuni ces deux centres d'intérêt dans cet ouvrage qui est consacré à l'étude de ce que Broderick appelle "Pscience Fiction" (le terme est joliment inventé), c'est à dire la partie du genre qui explore des sujets comme la télépathie, la précognition, la téléportation ou la RV (Remote Viewing = Vision à Distance).

anglais,2 étoiles

Après une préface et une introduction, Broderick entreprend d'analyser dans l'ordre chronologique une certain nombre de textes (une soixantaine, répartis en 44 chapitres correspondant généralement à un roman ou alors à plusieurs nouvelles). De Go Home, Unicorn (un roman peu connu de Macpherson paru en 1935) à un quatuor de nouvelles des années 1960-1990 (Anderson, Silverberg, Stableford, Cherryh), il nous détaille en quelques pages les classiques se rattachant à la Pscience Fiction (Slan, Dying Inside, Psion, Ubik) ainsi que plusieurs "univers" fictifs (Darkover, Dune, Bossy) s'y rattachant. Après une conclusion qui récapitule le projet de Broderick, se trouvent, outre un index et un bibliographie, deux annexes consacrées l'un à état des lieux de la recherche dans le domaine du paranormal et l'autre spécifique au thème de la vie après la vie dans la SF.

anglais,2 étoiles

Il est clair dès le début que l'idée de Broderick d'un sous-genre orienté Psi au sein de la SF n'est pas vraiment originale, on croirait parfois (re)lire le (ou les) chapitre(s) correspondants des diverses encyclopédies qui existent depuis des années, d'autant plus que, comme il l'explique bien, sont corpus est assez daté (autour années 50) pour des raisons historiques liées à l'évolution des thématiques centrales du genre. Du coup, l'amateur plus tout jeune retrouve avec plaisir des textes emblématiques (The Demolished Man, The Stochastic Man ou The Witches of Karres) que l'auteur fait revivre tout en leur apportant un regard (parfois) critique t une certaine mise en perspective.

anglais,2 étoiles

Une fois passé le plaisir d'avoir retrouvé de vieux compagnons de lecture, se pose la question de savoir quel est l'intérêt réel de ce livre. Outre une possible réaction épidermique comme la mienne aux croyances manifestées par Broderick (qui semble persuadé par exemple qu'un certain Joe McMoneagle a pu dessiner l'intérieur passé et futur d'une base de sous-marins russes Typhoon), la structure même du livre, atomisée, l'empêche de déployer une théorie satisfaisante de sa Psience Fiction autrement que par bribes et redites dans chaque chapitre. Il manque visiblement à l'ouvrage, une partie "synthèse" conséquente après la sympathique partie "exposition". De plus, et c'est strictement personnel, j'ai toujours eu du mal avec le style de Broderick que je trouve parfois difficile à suivre. Finalement un ensemble qui, en ce qui me concerne, n'est pas suffisamment intéressant ni assez construit pour sortir de la simple liste de titres. Dommage. 

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles (à peine)